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La Bonne Franquette

Gougères au comté

Des gougères qui gonflent et restent creuses : la pâte à choux salée expliquée geste par geste, avec la vraie raison des ratés.

Gougères dorées sorties du four, posées sur une grille de refroidissement

La fiche recette

Préparation
25 min
Cuisson
30 min
Total
55 min
Portions
6
Difficulté
Intermédiaire

Ingrédients pour 6

  • 25 cl eau
  • 80 g beurre (coupé en morceaux, pour qu'il fonde vite)
  • 150 g farine T55
  • 4 œufs moyens (à température ambiante)
  • 120 g comté râpé (affiné douze mois au moins)
  • 1 pincée sel fin
  • poivre et une râpure de muscade

Étapes

  1. Préchauffez le four à 200 °C en chaleur statique. Portez à ébullition l'eau, le beurre et le sel dans une casserole, jusqu'à ce que le beurre soit complètement fondu.
  2. Hors du feu, versez la farine d'un seul coup et mélangez vivement à la spatule. Une boule se forme rapidement.
  3. Remettez sur feu moyen et desséchez la pâte deux minutes en remuant sans arrêt. Elle doit se détacher des parois et laisser un léger film au fond de la casserole.
  4. Transvasez dans un saladier et laissez tiédir cinq minutes. Incorporez les œufs un par un, en mélangeant énergiquement : la pâte se défait puis se reforme à chaque œuf.
  5. Arrêtez-vous quand la pâte forme un ruban qui retombe lentement en V. Selon la taille des œufs, le quatrième n'est pas toujours nécessaire : battez-le à part et ajoutez-le progressivement.
  6. Incorporez 90 g de comté, poivrez, râpez un peu de muscade. Dressez des noix de pâte espacées sur une plaque avec papier cuisson, à la cuillère ou à la poche.
  7. Parsemez le reste de comté. Enfournez 30 minutes sans jamais ouvrir la porte du four. Les gougères doivent être bien dorées et légères en main.

Allergènes : gluten, lait, œufs

Substitutions : Sans gluten : farine de riz mélangée à un peu de fécule, mais la tenue reste plus fragile · Autre fromage : mimolette vieille, cheddar affiné ou emmental de garde ; évitez les fromages trop gras qui rendent de l'eau

Sécurité : La pâte à choux se cuit toujours immédiatement après dressage ; elle contient des œufs crus et ne se laisse pas reposer à température ambiante.

Les gougères passent pour techniques, ce qui est à moitié vrai. La pâte à choux ne pardonne pas l’approximation sur deux points précis, et fonctionne toute seule sur le reste. Une fois ces deux points compris, elles deviennent une recette de dernière minute.

Le premier point s’appelle le desséchage. Le second, la quantité d’œufs.

À quoi sert vraiment le desséchage ?

Après avoir versé la farine, la pâte contient encore beaucoup d’eau. Deux minutes sur le feu, en remuant sans arrêt, en évaporent une partie. Cette étape paraît anodine, elle décide pourtant du gonflement.

Une pâte trop humide accueillera mal les œufs et donnera des choux plats. Le repère est visuel : la boule se détache des parois, et un léger film blanchâtre se forme au fond de la casserole. Dès que vous le voyez, arrêtez. Prolonger dessèche trop et la pâte devient cassante.

Combien d’œufs faut-il exactement ?

La réponse honnête : entre trois et quatre, selon leur calibre et selon votre desséchage. Une recette qui impose un nombre fixe vous ment un peu.

Incorporez les trois premiers œufs entiers, un par un. La pâte se défait à chaque ajout, puis se reforme — c’est normal, continuez de mélanger. Battez le quatrième dans un bol et ajoutez-le en plusieurs fois, en vérifiant la texture après chaque ajout.

Le bon point d’arrêt se reconnaît à la spatule : soulevée, la pâte doit former un ruban épais qui retombe lentement en formant un V. Trop ferme, les gougères montent mal. Trop liquide, elles s’étalent et cuisent en galettes.

Le choix du fromage

Le comté affiné douze à dix-huit mois est le meilleur candidat, parce qu’il est sec et puissant. Un fromage jeune contient plus d’eau, alourdit la pâte et parfume moins.

Gardez une partie du fromage pour le dessus : il forme une croûte dorée et légèrement croustillante qui contraste avec le moelleux intérieur. Le poivre et la muscade ne sont pas décoratifs non plus, ils réveillent un ensemble qui reste très lactique.

Servir et conserver

Les gougères se mangent tièdes, une demi-heure après la sortie du four, quand la coque a raffermi mais que le cœur reste souple. Elles accompagnent un verre de vin blanc sec ou de crémant, avec modération.

Le lendemain, elles ramollissent. Dix minutes de four à 160 °C leur rendent leur tenue. Comptez douze à quinze pièces avec ces quantités, ce qui suffit pour six personnes à l’apéritif, et pas davantage : elles disparaissent vite.

Questions fréquentes

Pourquoi mes gougères retombent-elles à la sortie du four ?

Presque toujours parce qu'elles ne sont pas assez cuites. La coque doit être ferme et bien colorée, pas blonde. Un choux pâle contient encore de la vapeur qui, en se condensant, fait s'affaisser la pâte. Rallongez la cuisson de cinq minutes.

Faut-il vraiment ne pas ouvrir le four ?

Oui, pendant les vingt premières minutes au minimum. L'entrée d'air froid fait chuter la température et la pâte, encore molle, s'effondre sans pouvoir se redresser. Attendez que les gougères soient dorées avant toute vérification.

Peut-on préparer les gougères à l'avance ?

Elles se congèlent crues, dressées sur la plaque, puis se cuisent directement congelées en ajoutant cinq minutes. Cuites, elles se réchauffent dix minutes à 160 °C pour retrouver du croustillant. Le micro-ondes les rend caoutchouteuses.