Comment sont calculées les valeurs nutritionnelles
La méthode, la source et surtout les limites : d'où viennent les chiffres affichés sous les recettes, et pourquoi certaines n'en affichent aucun.

Beaucoup de sites de cuisine affichent des calories sous leurs recettes. Très peu disent d’où vient le chiffre, à quoi il se rapporte, et ce qu’il vaut réellement. Cette page décrit la méthode employée ici, y compris ce qu’elle ne sait pas faire.
Quelle source, et pourquoi celle-là ?
Les valeurs proviennent de la table Ciqual, publiée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. C’est la base de composition nutritionnelle de référence en France, et elle est diffusée sous Licence Ouverte, ce qui autorise sa réutilisation à condition d’en citer la source.
Deux raisons expliquent ce choix. La première tient à l’autorité : ces valeurs proviennent d’analyses de laboratoire et de données consolidées, non d’une compilation d’internet. La seconde tient à la traçabilité : chaque aliment porte un identifiant stable, ce qui permet de dire exactement quelle référence a servi au calcul.
Sous chaque tableau du site figurent la version de la table et la date à laquelle elle a été extraite. Une valeur nutritionnelle sans date est une valeur invérifiable.
Comment le calcul est mené
Chaque ingrédient d’une recette est pesé, puis rattaché à un aliment de la table. Les valeurs de chacun sont ramenées au poids utilisé, additionnées, puis divisées par le nombre de portions annoncé sur la fiche.
Le calcul part des ingrédients crus. Ce point mérite d’être justifié, car il pourrait passer pour de la facilité. L’énergie et les macronutriments — protéines, glucides, lipides — ne disparaissent pas à la cuisson : ils restent dans le plat. Ce qui change massivement, c’est l’eau, qui s’évapore et concentre le reste. Calculer sur le poids cuit supposerait donc de peser chaque plat terminé, à chaque fournée, ce que personne ne fait honnêtement dans une cuisine domestique.
Les assaisonnements dont la masse est négligeable — sel, poivre, herbes, épices — sont exclus du calcul et signalés comme tels. Leur poids ne change pas le résultat, à une exception près, traitée plus bas.
La règle qui fait disparaître des tableaux
Une recette n’affiche ses valeurs que si au moins quatre-vingt-quinze pour cent de sa masse a été pesée et rattachée à un aliment de référence. En dessous, rien ne s’affiche, et le balisage transmis aux moteurs de recherche reste lui aussi vide.
Cette règle a une conséquence visible : plusieurs recettes du site n’ont pas de tableau nutritionnel. Une pâte brisée du commerce, dont la composition varie d’une marque à l’autre, un fromage coupé à vue, une quantité exprimée en branches ou en pincées suffisent à faire passer une recette sous le seuil.
Le choix est assumé. Un tableau complet obtenu en estimant les quantités manquantes serait plus satisfaisant à regarder et strictement moins fiable. Sur un sujet où les lecteurs comparent des chiffres, l’apparence de précision est précisément le piège.
Ce que ces valeurs ne disent pas
Elles ne tiennent pas compte des pertes de matière grasse. Une volaille rôtie laisse de la graisse dans son plat, et cette graisse n’est pas mangée. Une friture, à l’inverse, en absorbe. Dans les deux cas l’écart peut être significatif, et la fiche concernée le mentionne.
Elles ne tiennent pas compte de votre portion réelle. La division se fait par le nombre de portions annoncé, qui suppose un service régulier. Si vous coupez un gratin en quatre au lieu de six, la part change dans les mêmes proportions.
Elles varient avec vos produits. Une crème entière et une crème allégée, deux fromages du même nom mais d’affinages différents, une farine plus ou moins raffinée : la table donne des valeurs moyennes représentatives, pas la composition exacte de ce qui se trouve dans votre réfrigérateur.
Elles ne mesurent pas les vitamines après cuisson. Certaines vitamines sont sensibles à la chaleur et à l’eau de cuisson. Les valeurs publiées ici portent sur les macronutriments, l’énergie, les fibres et le sel, qui se comportent de façon prévisible.
Le cas particulier du sel
Le sel mérite un traitement à part, parce qu’il est le seul assaisonnement dont la masse négligeable peut peser lourd dans le résultat. Une cuillère à café de sel représente environ six grammes, ce qui n’est rien à l’échelle d’un plat mais beaucoup à l’échelle d’un apport quotidien.
Quand une recette précise une quantité de sel, elle entre dans le calcul. Quand elle indique « salez à votre goût », elle n’y entre pas, et la valeur affichée sous-estime alors le sel total. La mention figure sous le tableau concerné.
À quoi servent ces chiffres
À comparer, pas à décider. Savoir qu’un plat pèse deux fois plus qu’un autre en énergie aide à composer un menu équilibré sur la semaine. En revanche, aucun chiffre publié ici ne constitue un conseil nutritionnel : ces pages décrivent ce que contient un plat, elles ne prescrivent rien.
Pour un besoin personnel — un régime médical, une grossesse, une pathologie, un objectif de poids — l’interlocuteur est un professionnel de santé, qui connaît votre situation. Aucun site ne peut tenir ce rôle, et celui qui prétend le faire ferait mieux de s’abstenir.
Vérifier par vous-même
La table Ciqual est consultable librement en ligne, aliment par aliment. Si un chiffre publié ici vous paraît douteux, la vérification prend deux minutes : cherchez l’aliment dans la table, comparez les valeurs pour cent grammes, refaites la division.
C’est d’ailleurs le meilleur usage possible de cette page. Une méthode qu’on peut contrôler vaut mieux qu’une méthode qu’on doit croire.
Questions fréquentes
D'où viennent les chiffres affichés sous les recettes ?
De la table Ciqual de l'ANSES, base de composition nutritionnelle de référence en France, diffusée sous Licence Ouverte. Chaque ingrédient pesé est rattaché à un aliment de cette table, les valeurs sont additionnées puis divisées par le nombre de portions. La version utilisée et sa date d'extraction figurent sous chaque tableau.
Pourquoi certaines recettes n'affichent-elles rien ?
Parce qu'une part trop importante de leur masse n'a pas été pesée. Une pâte brisée du commerce, un fromage coupé à vue ou une quantité exprimée en branches empêchent tout calcul honnête. En dessous de quatre-vingt-quinze pour cent de masse renseignée, aucune valeur n'est publiée.
Ces valeurs tiennent-elles compte de la cuisson ?
Partiellement. Le calcul part des ingrédients crus, car l'énergie et les macronutriments se conservent à la cuisson. En revanche l'eau s'évapore, la graisse s'écoule ou s'absorbe : sur les plats concernés, la fiche le signale explicitement plutôt que de faire comme si le résultat était exact.
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